La tombe de SETHI 1er ne se visite plus, mais laissez moi en parler un bref instant.
C'est le plus remarquable des grands hypogées royaux de Thèbes. Son niveau s'abaisse brusquement, dés les premiers pas, par un escalier de vingt-sept marches conduisant à un couloir d'ou repart un nouvel escalier. Le corridor auquel il aboutit s'ouvre dans une petite salle carrée ou se trouve creusé un puits destiné a dérouter les recherches. Beizoni, qui découvrit cette tombe en 1815, remarqua que la paroi qui semblait le fermer a son extrémité était percée d'une petite ouverture de 65cm de large, mais que cette ouverture n'était qu'une brèche pratiquée après coup pour donner accès a des appartements habilement masqués. Après l'avoir franchie, il se trouva en effet dans une belle chambre de 8 m de côté ayant son plafond supporté par quatre piliers. A cette salle s'en trouve annexée une deuxième de même dimension. Ni l'une ni l'autre ne contiennent le sarcophage, car nous ne sommes encore qu'a mi chemin des excavations.
Un escalier latéral, taillé dans la chambre aux quatre piliers, conduit dans une nouvelle série de couloirs qui aboutit enfin a une grande salle, de 8,5 m de côté, ayant son plafond supporté par six piliers et ses côtés flanqués de deux réduits ou petites chapelles. Cette vaste salle n'est pas la dernière; au-delà se trouve encore une salle voûtée plus large que profonde; c'est au centre de cette dernière salle que Beizoni découvrit le sarcophage royal, un énorme bloc d'albâtre vide de la momie, qui devait être retrouvée 70 ans plus tard a Deir el-bahari par Maspero.
Ce qu'il y a de curieux, c'est que cette immense tombe devait, dans le plan primitif s'enfoncer plus profondément au c½ur de la montagne et que la mort seule de son fondateur paraît en avoir arrêté l'entreprise. Du pied du sarcophage part en effet un nouveau couloir dont l'entrée était dissimulée sous une dalle. Ce couloir, praticable sur une étendue de 46 m, est partiellement obstrué par des éboulements.
L'exécution de ce tombeau répond a l'idée qu'on peut se faire de l'art sous le règne de Séthi I en visitant Abydos et Gurna. Les parois sont sculptées et peintes dans les parties achevées qui sont le plus grand nombre; les plafonds sont simplement peints. Dans certaines parties, les parois n'offrent que l'esquisse, enlevée d'un trait rapide a la peinture noire sur une ébauche rudimentaire au trait rouge.
Couloir à gauche, le roi en grand costume d'apparat en présence d'Harmakhis Commencement des litanies du Soleil, qui se poursuivent dans le couloir du deuxième escalier ou sont représentées les soixante-quinze formes du Soleil. -Couloir B. Livre de ce qu'il y a dans l'Hadès. - Vestibule C. Le roi et plusieurs divinités.
Chambre D. Sur les piliers Séthi I et une divinité; sur les parois, le Livre des Portes, qui se poursuit dans l'annexe dont la décoration ébauchée est complétée par le Livre de ce qu'il y a dans l'Hadès. Sur le mur de g. de la salle principale, au registre intérieur, Horus et les peuples de la terre figurés par quatre Égyptiens. quatre Asiatiques, quatre nègres et quatre Libyens (très mutilés).
Couloir F. C'est de la porte de ce corridor que provient la scène représentant Séthi I et Hathor, transportée par Champollion au musée du Louvre et qui a son pendant à Florence. - Paroi g. Séthi 1er assis devant le guéridon ; devant lui se déroule le Livre de l'ouverture de la bouche avec ses vignettes qui se continuent sur les autres parois et dans le couloir suivant (G). Les parois non mutilées du vestibule H ou l'un entre ensuite sont décorées de tableaux (celui de ta paroi de droite est le mieux conservé) représentant le roi faisant l'offrande a plusieurs divinités.
Grande salle J. Reprise du Livre des Portes; sur les piliers, Séthi 1er et plusieurs divinités. La partie voûtée (M) de cette même salle a ses parois décorées du Livre de ce qu'il y a dans l'Hadès tandis que la voûte représente le ciel égyptien. - Petite chambre K. Le Livre des Portes. - Petite chambre L. Paroi du fond, le ciel forme la figure d'une vache ayant sous son ventre la voûte étoilée on y voit s'avancer la barque solaire deux fois représentée; sur les autres parois, texte du Récit de la destruction des hommes par les Dieux..